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Le lait en Afrique : Production et lait en poudre à l'huile de palme

L'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), indique que l'Afrique avec 3 milliards de têtes de bétails et une production de ± 48 millions de tonnes de litres de lait, est loin de l'autosuffisance en production laitière sur un produit de grande consommation avec ou sans transformation et sur un continent de ± 1.2 Milliard d'habitant.
 
En effet la consommation (± 40 L/an) issue de l'autoconsommation locale (ethnies pastorales), de la transformation locale (lait caillé), ne permet pas de définir la production réelle, le taux de collecte total (Cirad 2020 : Seuls 1 à 7 % du lait local est collecté en Afrique de l’Ouest) qui serait favorable à un développement de la production laitière. On retrouve les problèmes liéés aux infrastructures de transports et de développement d'entreprises et d'infrastructures industrielles, permettant une collecte optimisée.
 
La faiblesse des investissements publics, ne permet pas une optimisation des productions locales, et les industriels, ne font pas l'effort d'une collecte optimisée, ils recourent aux importations de lait en poudre. Nous pouvons ajouter une très forte variété des laits locaux transformés (vache, chèvre…) et des types de consommations, qui ne permet pas une industrialisation pour chaque pays, des produits consommés localement.
 
Il y a également les habitudes alimentaires contrariées du fait du taux de croissance de l'urbanisation des populations africaines, ainsi les consommateurs sont le plus souvent soumis aux achats de produits laitiers d'importation, changeant progressivement leurs modes alimentaires d'origine. Depuis les années 80, où les importations coïncident avec le développement des métropoles africaines, on retrouve de grandes similitudes dans les choix proposés de produits de consommation courante.
 
"Au Gabon dans les mêmes années, le pays a vu naitre l'agro-industrie de production boulangère, ainsi la "baguette de pain blanc" est venu remplacer le bâton de manioc, et au plus fort de la production boulangère, c'est plus de 2 millions de baguettes de pain blanc qui étaient produite par jour, soit autant que la population du Gabon d'alors."
 
Le lait à cet avantage de pouvoir être consommé avec une multitude de transformation, seuls les gouts de consommations peuvent apporter une différence, ce n'est pas un aliment qui pourrait se substituer à un autre, comme a pu l'être le manioc par le pain.
 
Les importations de lait en poudre à l'huile de palme
 
D'autres facteurs viennent affaiblir les productions laitières locales au niveau du continent, se sont les importations de lait en poudre utilisés par les industries de transformations, qu'il soit entier, mélangé ou enrichi en matière grasse d'huile de palme (INRA 2018, Vincent Chatelier : Importations de 5,7 milliards € soit 10 %, et 18 % de mélanges de lait écrémé et de matière grasse végétale en poudre)
 
L'huile de palme, produit controversé et banni des produits transformés en Europe, se retrouve donc dans les laits en poudre. Nous pouvons considérer que les laits en poudres qui se retrouvent accessibles aux populations de brousse est une concurrence directe avec les productions locales. En effet les producteurs de lait subissent les aléas climatiques (manque d'eau), et un accès aux financements inexistants et une collecte des industries qui ne dépasse pas les 20%.
 
Afin d'atteindre les consommateurs, le développement se fait au détriment des productions locales, dans l'utilisation des importations de lait en poudre, où les prix de vente peuvent être 50% moins chèrs. Ainsi les laits en poudre importés sont transformés, les géants de la transformation, extraient la matière grasse du lait afin de l'utiliser dans la fabrication du beurre pour l'Europe, et la remplace par l'huile de palme.
 
L'Afrique avec l'augmentation de sa démographie est soumise à une forte demande en alimentation tout produit confondu. Ainsi l'Europe et les groupes industriels présents sur le continent africain, utilisent des modes de productions et d'importations les plus optimisés, mais aussi controversés (huile de palme), afin de pénétrer et de conserver une présence dans les régions les plus reculées.
 
Mais il y a toujours une lueur d'espoir sur des initiatives, qui même si elles se font à des échelles locales, ont le mérite de montrer la voie, pour une autosuffisance alimentaire, et notamment en production laitière.
 
Au Sénégal, la Laiterie du Berger crée par Bagoré Bathily en 2004, avec comme partenaire "Investisseurs & Partenaires et Danone.communities" voit le jour avec pour objectif la collecte et l'optimisation des productions locales. Ainsi les produits collectés optimisent les productions locales et sont transformés en différents produits de consommation.
 
Aujourd'hui La laiterie du Berger avec 500 emplois, collecte auprès de 900 producteurs.
 
 

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